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Résumés des interventions du colloque

Ecrit par le vendredi 1 octobre 2010 - Imprimer cette page

Inscriptions au colloque FRAMAGInteraction et accès aux connaissances : l’expérimentation d’un centre de documentation et d’information numérique pour développer le rôle social d’une bibliothèque scolaire

Michèle Archambault

Université de Strasbourg

m.archambault@voila.fr

L’Internet et ses outils de communication ont pris une place prépondérante dans les pratiques des jeunes scolarisés en France.

Dans les lycées on constate une forte augmentation de la fréquentation des CDI dès lors qu’est proposé un accès libre aux ordinateurs avec connexion Internet. Une évaluation des pratiques par une analyse des connexions montre une sur-utilisation des outils de communication du type réseau social et une fréquentation anarchique et non raisonnée des outils de recherche documentaire du Web. Plus que le contenu du Web, le « contenant » est privilégié, plus que l’accès aux connaissances, la pratique instrumentale est recherchée, conséquences des effets de mode toujours renouvelés par l’outil informatique qui facilite le partage et la  promotion de nouveaux outils et de nouvelles fonctionnalités mis régulièrement à disposition. Un enjeu pour le professeur documentaliste, responsable de la gestion du CDI et de la médiation pédagogique, est d’assurer la formation des lycéens, futurs étudiants et citoyens, à la maîtrise de la connaissance au sein de la société de l’information par le travail sur la différenciation contenu/contenant, instrument/information-connaissance, travail structuré autour du concept d’information et de son appareil notionnel. Le CDI, à la fois bibliothèque-médiathèque, centre d’information et de documentation, centre de formation intellectuelle et instrumentale, lieu d’apprentissage au sein de l’établissement scolaire mais également espace de communication et d’interaction avec des organismes extérieurs, se doit donc de proposer une réponse aux problématiques actuelles de démocratisation d’accès aux connaissances. L’utilisation d’un ENT est un exemple concret de réponse. Par la valorisation du travail collaboratif, la possibilité d’échanges et de formations à distance, comme celle de création d’espaces spécifiques dédiés, l’ENT permet la mise en place de véritables CDI numériques, outils de diffusion d’informations, de publication et de partage de connaissances et donc de construction de savoirs dans le domaine de l’information et de son traitement.

Dans un premier temps le compte-rendu d’une analyse de terrain permettra de contextualiser les pratiques observées chez les lycéens. Dans un deuxième temps la présentation d’un CDI numérique avec des exemples concrets d’utilisation débouchera sur une définition du rôle social du CDI dans le contexte actuel de développement des nouvelles technologies.

Le défi de la bibliothèque : être bien présente dans la société numérique


Nadjia Gamouh

Professeur, Université de Constantine, Département de Bibliothéconomie

gamouh@wissal.dz

Teboura Benkaid-Kesba

Docteur, Université de Constantine, Département de Bibliothéconomie

Azzedine Bouderbane

Maître de conférences, Université de Constantine, Département de Bibliothéconomie

bouderbane.azzedine@yahoo.fr

Abdelmalek Bensebti

Professeur, Université de Constantine, Département de Bibliothéconomie

L’humanité a tout le temps connu à travers l’histoire des phases de changements profonds dans pas mal de secteurs de l’activité humaine. Certes, ceci ne constitue pas une nouveauté. Par contre, ce qui est nouveau, à présent, c’est la vitesse des transformations ainsi que l’envergure et la profondeur de leurs impacts sur le plan social, économique, culturel …

La bibliothèque qui a pu et su préserver la mémoire de l’humanité à travers tous les temps, doit continuer à être bien présente pour pouvoir prouver sa capacité à s’adapter et à s’intégrer d’une façon active dans cette nouvelle société. Toute cette mutation générée par le progrès et le développement technologique et toute cette prolifération exceptionnelle de ressources électroniques ont fait émerger, d’une part, de nouveaux paradigmes de services et de nouveaux rôles pour le personnel des bibliothèques, et d’autre part, de nouveaux usages pour les utilisateurs. Cet état de fait nous a poussés à nous interroger sur certains aspects de base :

–          En quoi consiste cette mutation ?

–          Quel sera le nouveau rôle du bibliothécaire dans cette société numérique ?

–          Quelles seront ses tâches essentielles ?

–          Y-a-t-il un défi à relever ?

A travers une approche descriptive, nous comptons mener une enquête auprès des bibliothécaires de la région de Constantine pour connaître leurs attitudes et leurs points de vue sur ces questions. Les résultats collectés par le biais d’un questionnaire auprès d’un échantillon représentatif de cette population de professionnels de l’information nous permettra de faire une analyse personnelle accompagnée de commentaires.

Mots-clés : société numérique, mutation, bibliothèque, défi, spécialiste de l’information, enquête, Algérie

La bibliothèque numérique en ligne Google : enjeux juridiques et bibliologiques

Ahmed Hidass

Professeur, Institut Supérieur d’Information et Communication, Université de Rabat

ahidass@yahoo.com

Idée de génie, l’intérêt intellectuel et pratique d’une bibliothèque virtuelle à portée des internautes du monde entier se passe de tout commentaire. En bénéficieront la recherche universitaire et la lecture qui seront facilitées grâce au travail d’indexation, de modélisation et d’inventaire que propose le nouvel outil. Le rêve d’antan que caressaient des bibliomanes comme Al Jahidh et J.D. Salinger, et qu’ils se contentaient de prêter à d’éventuels Ptolémé de la bibliothèque universelle et encyclopédique est entrain de devenir réalité. A la fin du 19ème siècle le bibliographe Paul Otlet rêvait de réunir sur un même site, baptisé Mundaneum, toutes les connaissances du monde.

Rêve devenu réalité ? Aujourd’hui, le grand espace web initié par Google et sa quarantaine de bibliothèques à numériser mettent cette utopie à portée de console d’ordinateur. Ce qui fera néanmoins de la biblio web l’apanage d’un seul major de la bibliothèque en ligne avec les risques inhérents aux situations de quasi monopole. Les sciences de l’information et des bibliothèques, naguère plurielles et multidimensionnelles sont en passe de devenir anglo-saxonnes et d’approche limitée. Avec leurs moyens limités, la bibliothèque numérique Europeana et la Bibliothèque numérique mondiale de l’UNSECO sont loin de faire contrepoids au projet du big brother. La diversité culturelle – tout comme la biodiversité avec les monocultures – est en jeu.

Par ailleurs, la biblio web gratuite, fut-elle à vocation humaniste, pose des problèmes juridiques et économiques. Elle va à l’encontre des droits patrimoniaux et moraux des auteurs et des intérêts financiers des éditeurs. Régie par un vieux droit prévu pour supports matériels, la propriété littéraire et artistique est interpelée par le numérique. Elle est à réviser à la lumière des nouvelles technologies de l’information et de la communication et à repenser à la lumière de la philosophie du partage et d’Open Access.

Mots clés : droit d’auteur, livre, numérisation, bibliothèque

De la circulation des flux aux discours d’accompagnement de la télévision : La mémoire télévisuelle reconfigurée par les usages du Web

Laure Bolka-Tabary

Université de Lille 3

laure.bolka-tabary@univ-lille3.fr

Cette communication propose d’examiner de quelle manière le flux télévisuel circule sur Internet, permettant l’inscription, notamment par la répétition, d’une mémoire télévisuelle sélective et sélectionnée, par les professionnels d’une part, mais également par les internautes qui se réapproprient les contenus à travers différents usages des images. Il s’agit donc de réfléchir à la manière dont les usages d’Internet et la publication des contenus télévisuels et des discours reconfigurent actuellement la mémoire télévisuelle. Nous observons une autoréflexivité de la télévision, qui met en scène ses contenus sur Internet, et un rôle de prescription des internautes ayant un rôle sélectif et critique face à l’information télévisuelle.

Le modèle économique de la télévision s’est considérablement modifié depuis le début du 21ème siècle, contraint de s’adapter aux nouveaux usages des médias, et notamment des médias numériques, ainsi qu’à l’avènement récent de la TNT[1]. L’étude de la télévision dans le champ des sciences de l’information et de la communication doit donc s’envisager au regard des connexions toujours plus denses qu’elle entretient avec Internet.

Les sites Internet des chaînes de télévision occupent aujourd’hui une place majeure dans l’offre télévisuelle et la publication d’images de la télévision. Parallèlement, les auteurs et usagers des sites de partages de vidéos, réseaux sociaux, weblogs, sites personnels et forums de discussion se révèlent également être des acteurs à part entière de la circulation des flux et informations télévisuelles. Que la publication des contenus soit officielle ou illicite, nous assistons aujourd’hui sur Internet à une recrudescence de documents natifs de la télévision, accompagnés de textes de différentes natures et appropriés par les internautes selon diverses modalités.

Comment les usages d’Internet, et plus particulièrement la publication et la circulation des contenus télévisuels et des discours, reconfigurent-ils actuellement la mémoire télévisuelle ?

Notre étude comparera dans un premier temps l’offre de sites web des chaînes de télévision du début du siècle avec les sites web consultables actuellement, mettant en lumière leur évolution hésitante. Nous verrons également quels sont les discours d’accompagnement des contenus télévisuels : cantonnés auparavant aux weblogs et aux forums de discussion, ils s’actualisent aujourd’hui sur les sites même des chaînes et au sein des réseaux sociaux.

Patrimoine culturel immatériel et nouveaux medias : quel enjeu ?

Chehimi Mohamed Safi

Institut supérieur de documentation Université de la Manouba – Tunisie

che_safi@yahoo.fr

Le patrimoine culture immatériel (PCI) est le concept retenu pour designer tout aspect culturel patrimonial  transmis à travers les générations par le biais de l’oralité ou les gestes. Nos sociétés modernes, prises dans la globalisation et les avancées technologiques, tente de statuer cette mémoire orale collective à travers le numérique et les nouveaux medias. L’usage du numérique influence fortement la gestion de cet héritage culturel intangible. Cette communication prétend, à travers l’étude d’un exemple représentatif du PCI du sud ouest tunisien (l’offrande ou la Zerda), cerner « l’enjeu : patrimoine oral et son rapport avec les nouveaux medias ». Comment ces nouveaux medias sont-ils utilisés comme un outil de folklorisions, de démystification voire de marchandisation du patrimoine oral ; alors que l’usage de ces nouvelles technologies de l’information et de la communication devrait être un moyen fort pour contourner la fragilité sur laquelle repose la mémoire ancestrale orale, et une opportunité pour sa mise en valeur et sa préservation  dans la pérennité et le continuum.

Archives et bases de données : la mémoire de l’art contemporain au travers du prisme des NTIC

Séverine GIORDAN

Université de Bourgogne

sev.giordan@gmail.com

Les nouvelles technologies de l’information et de réseau offrent un nouvel espace d’expression. La popularité d’Internet permettant l’accès instantané à des champs de connaissances illimités à une vitesse quasiment infinie incite les institutions culturelles à se manifester sous des formes immatérielles.

Actuellement, le Consortium, un Centre d’Art contemporain de références[2] se déploie dans le miroir de ce media. L’une de ses problématiques est : quels contenus et au travers de quelles formes un dispositif peut permettre de partager la mémoire de ce lieu ? Une base de données originale, est en cours de conception et de réalisation avec ma participation. Elle invite l’internaute[3] à une immersion dans l’art actuel et dans son histoire, à travers son regard critique. Le lien intime qui unit l’artiste et le centre d’art est « exposé » par un fonds photographique inépuisable issus des expositions et par de multiples documents textuels tels que les cartons d’exposition, les affiches, les plans, les articles de presse, la correspondance, les publications…

Le médium Internet sous l’expression d’une base de données permet de donner l’accès à des documents originaux, de trouver des réponses précises parmi la masse considérable de contenus qu’a engendré le Centre en trente ans d’existence.

La réalisation d’un catalogue raisonné retraçant la mémoire du centre d’art à travers le dispositif informatique de la base de données conduit à interroger les possibilités de la réussite d’un tel projet. L’emploi des nouvelles technologies pour la transmission d’actions, d’idées réactualisent-elles le rapport que l’on a à la mémoire ? Permet-elle le passage d’une mémoire personnelle, située, au devenir d’une mémoire collective critique ?

A travers ce projet, un ensemble de problématiques que soulève l’emploi des nouvelles technologies dans l’Art contemporain est ainsi posé :

Par une sélection précise de liens avec d’autres sites Internet en rapport avec les artistes exposés et les expositions du centre d’art, la base de données peut-elle proposer à l’internaute une voie critique à l’intérieur des divers contenus issus d’Internet ?

Y a t-il une possibilité de transgression des processus normés de créations malgré les confrontations et les pratiques circonscrites de l’outil informatique base de données ?

L’outil peut-il impulser une dynamique de coopération entre les différents acteurs de la création d’un événement artistique autour de la mémoire de celui-ci ?

Mots clés : mémoire collective, dispositif, base de données, art contemporain, archives, Web 2.0

Le réseau social Facebook en Tunisie : l’explosion d’usagers dans un pays fermé

Karima AMRI

karimamri@hotmail.com

Monia CHABAANE

Trois points seront traités dans notre article :

–          Internet pose des problèmes de gouvernance.

–          Le numérique ouvre une opportunité pour la presse d’accéder à des informations dans les pays fermés ou en guerre, mais avec quelle fiabilité ?

–          La diffusion d’une information ou d’un point de vue dans des zones géographiques et linguistiques transnationales peut se trouver facilitée.

Pendant qu’internet vit son âge d’or, certains pays sont considérés comme ennemies d’internet. Selon l’organisation reporters sans frontières, la Tunisie est classée comme pays ennemi d’internet. En 2009 la Tunisie est classée 154 sur 175 : ce classement s’est essentiellement basé sur les pratiques qu’exercent l’agence tunisienne d’internet à savoir la censure.  Il est important de rappeler que certains sites web sont inaccessibles depuis la Tunisie. Dans un article paru dans le monde .Fr. le 04/ 05/ 2010 intitulé « la censure du web s’intensifie en Tunisie »on recense : l’inaccessibilité de : FLICKR ou WAT .TV,  le site de nouvel observateur sans oublier Youtube, Dailymotion. Cet article mentionne que la liste des sites bloqués en Tunisie s’est allongée de manière spectaculaire.

Le site de réseau social n’a pas échappé en aout 2009 aux pratiques de l’ATI. Mais grâce à l’intervention du président de la république BEN ALI  en personne que la censure a été levé sur Facebook, c’est à travers un article publié au quotidien «  le temps » que cette information a été confirmée.

Nous apprenons que le président de la république est intervenu personnellement et a donné ses instructions par ce qu’il soit procédé immédiatement à la réouverture du site « Facebook » et ce dés qu’il a appris la fermeture de l’accès du public en Tunisie à ce site.

Le Facebook est protégé par un ordre présidentiel, les internautes tunisiens saisissent cette occasion et ils s’informent et informent désormais par le biais de ce site. D’ailleurs L’arrivée de Facebook a ouvert un horizon aux internautes tunisiens : on enregistre à peu près de 1 million de tunisiens inscrits sur ce réseau social. Selon les outils statistiques sur internet (facebakers.com), Facebook compte 1.133.400 membres tunisiens (à la date du 17 février 2010). C’est le site qui a connu la plus forte progression d’audience depuis la Tunisie, puisque ses adhérents n’étaient que 16.000 au début 2008 et 28.313 en août 2008.
La gente féminine représente 40% (456 580) des tunisiens inscrits sur Facebook contre 59% de mâles. Nous pouvons aussi voir l’audience par tranche d’âge, La tranche d’âge 18-24 est la plus forte suivie par 25-34 qui représente 28,4%, la tranche 35-44 représente 6,6% avec 1million 133.400 d’utilisateurs tunisiens , soit 10.98 % du taux de pénétration de la population, la Tunisie dépasse de loin le reste des pays africains comme le Maroc ou l’Égypte avec un nombre d’utilisateurs plus important, 1.280.860 pour le Maroc et 2.431.040 pour l’Égypte, mais avec des taux de pénétration faible 4.1% pour le Maroc et 2.98% de la population égyptienne. Le site Facebook reste le plus consulté depuis la Tunisie selon Google Trends WBA.

Certes, le réseau social a révolutionné le paysage politique en Tunisie, sur le site on trouve de tout, l’opposition tunisienne qui vulgarisent ses activités des journalistes, des bloggeurs, le parti au pouvoir… les gens ordinaires, bref Facebook est devenu le premier site d’information par excellence.

En faisant un tour sur les profils des internautes tunisiens, on remarque l’engagement politique de certains, l’indifférence des autres, les militants de la société civile. Chacun derrière son contribue d’une manière ou d’une autre à la libre circulation de l’information.

La rhétorique du « changement » comme dispositif d’innovation en Tunisie

Sylvie Boisnier-Bardou

Université de Clermont-Ferrand

sylvie.boisnier@univ-bpclermont.fr

Les promoteurs de la « Tunisie du changement »[4], face, entre autres, à un chômage structurel des jeunes diplômés, trouvent refuge dans la valorisation de l’« ère du changement ». Cette mise en avant donne en partie une idée sur une conduite tunisienne du changement à travers laquelle se produit un discours politique promotionnel. Celui-ci se tourne résolument à l’heure de la mondialisation vers les investissements directs étrangers comme une des principales solutions à des problématiques économiques tunisiennes internes. Dans cette configuration, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le parti-État, joue, entre autres, un rôle communicationnel prépondérant dans la vedettisation de l’« ère du changement ». En ce sens, il agit au même titre qu’une grande agence de communication. Le parti, en interne, aura la charge de répandre sur le terrain l’action présidentielle auprès des Tunisiens.  En externe, dans un marché peu à peu mondialisé où des concepts-valises du type de « bonne » ou « nouvelle gouvernance », de « transition démocratique » ou de « développement durable » sont légion, le rôle du RCD consiste dès lors à être une attrape tout rhétorique. Il capte tous les énoncés du discours des organisations internationales, bailleurs de fonds, renvoyant à celles-ci l’image d’une Tunisie en phase avec « les défis et les enjeux du XXIe siècle ». De ce point de vue, il serait la vitrine de l’État policé.

Dans cet article, l’introduction par le retour sur le rôle essentiel de parti principal de l’ « ère du changement », le RCD, est une manière d’examiner dans un premier temps le processus de mise sous silence de la liberté d’expression en Tunisie, la construction du récit de la « Tunisie du changement » comme seul récit légitime, une presse écrite tunisienne comme un dispositif de promotion de l’ « ère du changement » et l’instrumentalisation de d’Internet au service de la rhétorique de la « Tunisie du changement » ; dans un deuxième temps on analysera comment le processus de valorisation de l’ « ère du changement » se met en train par la délégitimation d’une action syndicale « vindicative » notamment de son organe principal : l’UGTT. Dans un troisième temps, on verra que la progression destructrice de « l’ère du changement » s’appuie – pour se rendre plus crédible – sur les mutations du secteur de télécommunication. Lequel au moment où la « Tunisie du changement » rentre de plein fouet dans la « société de l’information » devient la principale vitrine de « l’ère du changement ».

Dimensions socioculturelles et technoculturelles de la lecture en ligne

Besma Bsir Mkadmi

Institut Supérieur de Documentation de Tunis

bsirbesma@yahoo.fr

Raja FENNICHE DAOUES

Institut Supérieur de Documentation de Tunis

rajafenniche@yahoo.fr

La « société en réseau » est devenue une réalité. Tout passe par le réseau Internet, où « tout est culturel » ! Les réseaux d’informations numériques sont désormais liés aux « réseaux sociaux » et aux « médiations culturelles ». Les nouveaux dispositifs de partage et de diffusion de l’écrit et de l’information sur les réseaux participent au « tissage du complexe jeu d’interactions entre le technique et le social » (Rieder, 2006). Mais, plusieurs acteurs et pratiques culturelles se trouvent déstabilisés et même menacés, parce que le « tout culturel » peut devenir, comme le pense (Banham, 2002), « une véritable machine de guerre contre la culture ».

A travers notre intervention, nous nous intéresserons à la pratique culturelle de la lecture qui transite sur le web pour « se socialiser », ou pour quitter son ghetto de pratique noble des élites vers une pratique et une culture de « masse ». Le Web, média de « masse » est la source des flux d’informations, et l’espace social des communautés en l’occurrence scientifiques. Il constitue ainsi un milieu technoculturel, à la fois informationnel, technique, culturel et social. Pour en tirer pleinement profit, il faut connaître « l’outre-lecture » c’est-à-dire savoir « manipuler, (s’)approprier et interpréter le web» (Ghitalla, 2003). Cet univers informationnel nécessite le savoir « faire pour lire » et le savoir « lire pour faire».

Notre recherche se situe dans la continuité des travaux effectués par le groupe de recherche « Lecture numérique »[5] de l’ISD qui a analysé les résultats de l’enquête réalisée en 2008 portant sur les différentes pratiques de la lecture en ligne des documents numériques et les usages du web, chez les étudiants et les enseignants chercheurs tunisiens. (Limam et al., 2008). Les résultats de cette étude prouvent que le Web nous offre de nouvelles opportunités aux niveaux de l’échange, de l’accès, de la recherche, de la production d’information et du travail collaboratif. Cependant, en tant que médiation technique, le web nécessite à son tour une culture technique d’interaction avec ses outils. L’usage de ces médiations techniques peut, à son tour, se transformer en pratiques culturelles généralisées, quand il s’insère dans le quotidien de notre communauté scientifique tunisienne.

L’analyse approfondie des dimensions socioculturelles des pratiques de la lecture et des usages des documents numériques chez les enseignants chercheurs tunisiens constitue l’objectif de notre recherche actuelle. Au niveau méthodologique, nous compléterons l’enquête par des observations et des entretiens auprès de cette communauté, dont les résultats seront analysés dans cet article. Nous mettrons l’accent sur le caractère du bilinguisme qui influence les procédures de recherche, de traduction et de lecture des ressources d’informations , qui favorise certaines démarches d’échange, de collaboration et d’appartenance à des communautés scientifiques spécifiques ; et aussi, qui stimule ou au contraire limite les potentiels de créativité de nos lecteurs-auteurs.

De plus, pour analyser l’évolution de la culture technique de nos chercheurs tunisiens, nous nous appuyons sur leur observation en « situation naturelle » devant leur ordinateur dans leur bureau de travail. Nous étudions leurs procédures de recherche, leur exploitation ergonomique des interfaces des sites, et leur navigation hypertextuelle et même « sociale ».

Aussi, dans le contexte technoculturel, nous nous interrogeons sur les usages des services du web 2.0 par nos enseignants-chercheurs tunisiens, entre autres les sites de partage, les blogs, les wikis, les outils collaboratifs, ainsi que les réseaux sociaux.

L’étude des spécificités de ce nouveau monde numérique 2.0, nous permet d’estimer son influence sur notre contexte culturel caractérisé par une disparité dans l’accès aux technologies et aux informations, par des habitudes de lecture et de non-lecture et par la maîtrise des technologies ou par le malaise des « technopathes » et des « handicapés» de la technique (Lasfargue, 2003).

La télévision mobile interactive, quels usages et quelle réponse au besoin de proximité relationnelle des individus ?

Franck DEBOS

Maître de Conférences, Laboratoire I3M, Université de Nice Sophia-Antipolis

debos.franck@wanadoo.fr

Lorsque l’on regarde l’évolution des médias, les consommateurs ont toujours voulu se divertir durant leurs déplacements par le biais d’objets crées à cet escient. Or, à l’heure actuelle nous assistons à la mise en relation et en réseaux d’outils et de technologies qui jusqu’alors développaient de façon isolées. Ce phénomène est prégnant au niveau des médias avec le développement récent d’offres « quadruplay » associant Internet, télévision, téléphone fixe et mobile. Dans ce contexte avec 140 millions d’utilisateurs prévus en 2011 et un marché potentiel de 4,4 milliards de dollars, la télévision mobile est à la fois un nouveau marché et une approche différente de la télévision en termes d’attentes et d’usages, même s’il reste à déterminer un business model performant aux plans des acteurs de ce secteur.

Mis en perspective avec le besoin d’interactivité, de reconnaissance et de proximité relationnelle du consommateur, il semble pertinent d’étudier les perspectives d’évolution de la télévision mobile interactive qui va associer Internet et la télévision au service de téléphonie. L’utilisateur pourra non seulement choisir le moment et le lieu d’écoute ainsi que le programme à visionner mais il sera en mesure de donner son avis et d’interagir avec l’émission sélectionnée.

La problématique centrale qui sous tend ce projet d’article est de voir si les personnes en tant que citoyens et consommateurs ont des attentes réelles et fortes dans le domaine de la télévision mobile, plus spécifiquement lorsqu’elle elle permet une certaine interactivité et quelles pratiques d’information ordinaires peuvent en découler.

D’autres interrogations sont associées à cette problématique : Peut-on identifier des communautés d’utilisateurs de cette nouvelle génération d’image véhiculée par le téléphone portable ? Quels usages vont-ils développer ? S’agit-il d’une simple corrélation de services complémentaires ou l’émergence d’une nouvelle forme de communication via le mobile ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous présenterons tout d’abord, les caractéristiques principales du marché de la télévision mobile à partir d’une veille informationnelle. Au niveau de la télévision mobile interactive, même si son développement est récent, notamment en Europe, nous pouvons esquisser les grandes lignes d’un cadre conceptuel de sa consommation. Nous utiliserons ensuite une méthodologie qualitative exploratoire par le biais d’une trentaine d’entretiens individuels semi-directifs.

Ce choix méthodologique peut s’expliquer par le fait que cette technique d’entretiens permet de faire émerger les motivations, les attitudes, les valeurs et les représentations associées à une situation de consommation. Le répondant peut s’exprimer librement, en abordant néanmoins les thèmes qui intéressent notre recherche. Il s’agira donc, à partir de ces entretiens semi-directifs d’établir une typologie des différentes pratiques informationnelles ainsi qu’une classification des usages pour ce nouveau mode d’utilisation du portable.

Lecture numérique : impact du genre et de la discipline scientifique sur l’usage du web 2.0

Abderrazak Mkadmi

Institut Supérieur de Documentation de Tunis

amkadmi@gmail.com

Mohamed Ben Romdhane

Institut Supérieur de Documentation de Tunis

mbromdhane@yahoo.fr

Sami Hachicha

Institut Supérieur de Documentation de Tunis

hachsami@yahoo.fr

A nos jours, l’acte de lire, qui représente « l’activité par laquelle se comprend l’écrit » [Foucambert, 96], se trouve complètement transformé. Impliquant toute sorte d’activité cognitive, dépendant du niveau des connaissances du lecteur [Gastaldy, 02] et du support, à partir duquel elle s’effectue [Vandendorpe, 01], et faisant appel à trois dimensions : sémiotique, psycho-cognitive et sociale [Peeters et Charlier, 95], la lecture à l’ère du numérique  connait une véritable révolution. Evoquer le verbe lire, c’est parler du déchiffrement, de la navigation, de l’interprétation, de l’appropriation, du partage, etc [Ghitalla, 03]. Dans le contexte tunisien, outre ces amalgames de concepts, la réalité sociale et culturelle nous offre un nouveau paysage de cet acte de lecture chez les chercheurs tunisiens à l’ère de l’omniprésence de l’ordinateur.

Nous étudions l’influence de la variable genre sur les pratiques et les usages du numériques chez 307 chercheurs tunisiens et nous croisons cette variable avec la catégorie du chercheur puis avec sa discipline scientifique d’appartenance.

Littéraires et scientifiques changent d’habitudes vis-à-vis de l’activité de lecture ; hommes et femmes n’ont pas le même rapport avec les outils numériques (l’activité de lecture est-elle une activité masculine !) ; « Natifs du numérique » (digital natives) et leurs aînés n’ont pas le même rapport à la culture et n’ont pas les mêmes références culturelles [Giffard, 09], [Octobre, 10] ; et enfin, le travail collaboratif imposé aujourd’hui par ces nouveaux outils numériques concrétisant le processus social de la lecture reste encore timide (absence d’une culture de groupe chez les chercheurs tunisiens à l’ère de Facebook !).

Les femmes transposent plus que les hommes leurs pratiques de lecture sur papier quand elles sont intéressées par un document numérique. Plus que les hommes, elles préfèrent imprimer le document numérique que le consulter sur l’écran et elles ont tendance à prendre des notes sur papier en cas de lecture numérique.

Femmes et hommes utilisent dans leur majorité les fonctionnalités offertes par le web 2.0. Des résultats montrent néanmoins des usages spécifiques à tel ou tel autre genre pour certaines fonctionnalités. Les femmes sont légèrement moins portées que les hommes pour l’échange et le partage de documents. Aussi, elles participent moins que les hommes à des communautés scientifiques virtuelles. D’ailleurs, l’accès aux ressources numériques a plus d’impact sur la culture d’hommes que des femmes.

Les éléments de réponse et les idées avancées dans cette communication trouvent leurs fondements dans une enquête menée par le groupe « lecture des documents numériques et nouveaux usages » en 2008 auprès des chercheurs tunisiens portant sur leurs pratiques de lecture numérique [Limam, 08], [Ben Romdhane, 08], [Hchicha, 09], mais aussi par un brassage d’une littérature assez riche et diversifiée sur l’activité de lecture. Cette analyse des pratiques de lecture chez les chercheurs tunisiens et des différents éléments affectant ces pratiques sera confrontée à des résultats de travaux de recherche développés chez nos voisins du nord [Donnat, 09], [Béreau, 09], [Stiegler, 09], [Ziming, 06].

Internet et les médias traditionnels : une survivance bénéfique

« Peut-on encore opposer anciens et nouveaux médias ? »

Bernadette DJEUTCHEU

Doctorante, GRESEC, Université Stendhal Grenoble 3

deubernadette@yahoo.fr

Cette interrogation est capitale dans la mesure où, elle relève des préoccupations qui interviennent dans l’espace public contemporaine ou tout au plus, dans les débats sociaux actuels. Beaucoup à l’instar de Jean-Louis Missika ont prédit la mort des médias traditionnels. Ceux-ci ont vu en les Tic et plus précisément à l’outil Internet, l’auteur de déstabilisation ou tout au moins l’outil qui vient surplomber, voire faire disparaitre les médias traditionnels. Pour ce spécialiste des médias, nous entrons dans un monde où l’image est omniprésente et les médias absents et où la télévision est entrain de disparaître sous la pression d’un océan d’écran, de terminaux de réseaux et de portables.

Toutefois, il convient de rappeler que l’histoire des médias n’est à première vue qu’une succession de modifications qui n’appellent pas nécessairement à des mutations. L’émergence de la presse généraliste de masse à la fin du XIXe siècle, puis de la radio autour des années 1920 et de la télévision au milieu du XXe siècle, sont des exemples patents. Malgré toutes les potentialités qui lui sont reconnues et qui ont même donné naissance à des nouveaux médias dans l’espace collaboratif (forums, blogs, Facebook, Twitter, Youtube et autres lignes de diffusion), Internet qui fait son entrée dans l’univers médiatique ne peut déroger à la règle. Il faut dire que Jusqu’à présent, les nouveaux médias ne ce sont pas substitués aux médias précédents. Les anciens et les nouveaux médias se superposent, se complètent et négocient mutuellement le « virage » de l’information/communication. Les entreprises, quelle que soit leur activité, voient leur communication et leur gestion transformées par le numérique. La communication des organisations voit s’ouvrir progressivement de nouveaux champs, au fur et à mesure de cette extension. Il s’agit de l’élargissement du paysage médiatique et non de sa mutation.

Cette thèse est défendue et soutenue par des éminents chercheurs notamment Bernard Miège, Manuel Casttels, Jean Cloutier, Pierre Bourdieu, Pierre Lévy, Dominique Wolton, Jean-Louis Missika pour ne citer que ceux-là. Si donc pour Miège, « la presse d’opinion peu vivante de nos jours a longtemps fonctionné parallèlement aux journaux de masse. » Dominique Wolton, pense qu’opposer les anciens et les nouveaux médias est une problématique dépassée. Les deux médias doivent être pensés ensemble. Car, pour lui le progrès technique ne suffit pas pour créer un progrès de la communication humaine et sociale. « L’essentiel de la communication n’est pas du côté des techniques, mais du côté des hommes et des sociétés. », puisqu’on peut passer des heures avec des machines sans être capable d’entretenir des relations humaines et sociales satisfaisantes. Pierre Bourdieu dira que « déjà peu fiable, le système d’information est actuellement soumis à une révolution radicale avec l’avènement des multi médias »

Ces positions qui fondent à relativiser les promesses qui accompagnent les Tic, permet à l’évidence de se rendre compte que l’usage des Tic est fonction des pré-requis et même des contingences, culturelles, sociales et économiques.

A partir de ces prémices, nous envisageons les relations entre les médias traditionnels et les nouveaux médias actuellement en cours d’émergence autour des questionnements suivants :

Le multi média prendra-t-il la place du journal papier, et de l’audiovisuel ? Le numérique est-il entrain de se substituer à l’écrit, au son et à l’image ? Ceci dit, nous allons nous intéresser aux relations qui se nouent ou tout simplement qui sont entrain de se nouer entre les anciens et les nouveaux médias, non sans préciser que les deuxièmes c’est-à-dire les Tic, restent seulement des techniques de traitement de l’information ou de mise en relation. Notre préoccupation est de voir à quelle logique obéît le virage communicationnel de ces deux médias. Comment au Cameroun les médias traditionnels se sont repositionnés aux côtés des nouveaux médias notamment Internet avec son flow d’informations en continues et gratuites ? En d’autres termes, comment ces deux médias tentent de répondre à la dynamique de la convergence de plus en plus ressentie comme une exigence essentielle et existentielle pour les médias ?

Nouveaux couplages cerveaux-technologies intellectuelles

Jean-Max Noyer

Université Paris Diderot

jean-max.noyer@paris7.jussieu.fr

Nous nous proposons, dans notre communication, d’examiner une partie des évolutions et des problèmes liés à l’émergence de nouvelles technologies intellectuelles qui affrontent le développement gigantesque des mémoires numériques hypertextuelles en réseaux. La création logicielle et l’automatisation d’un certain nombre de tâches cognitives, a ouvert une crise dans le domaine des écologies de l’esprit et des intelligences collectives, crise qu’il s’agit de penser de manière critique dans sa pleine et entière positivité. Il s’agit encore de donner forme(s), de manière certes partielle, mais en visant des points clés et en prenant la mesure des changements d’échelles affectant les populations documentaires, à la question de l’écriture aujourd’hui, à la transformation des pratiques de lecture / écriture. Il s’agit ainsi de mieux saisir les conditions qui appellent l’émergence d’une noopolitique ouverte et démocratique et de s’intéresser à la dissémination des savoirs sous de nouvelles contraintes dont celle de la créativité comme horizon.

La question de l’adoption des nouveaux « couplages cerveaux – technologies intellectuelles » est porteuse de nombreux enjeux et défis. En particulier, la définition, les conditions de développement et la propagation stabilisée dans le temps de ce qui pourrait constituer les contours d’une nouvelle culture générale nous semble décisive. Elle permettrait de sortir du discours des essences, des ontologies monovalentes et des logiques bivalentes qui constituent le socle hérité de nos cultures.

La question encyclopédique constituera un de nos points d’entrée, de même que les nouvelles conditions de production, circulation, consommation des savoirs.

Les documents pédagogiques numériques sur le web : caractérisation et parcours de lecture

Tarek OUERFELLI

Institut Supérieur de Documentation de Tunis

tarek_ouerfelli@yahoo.fr

Notre article s’intéresse à la question des documents pédagogiques numériques sur le web en l’occurrence les cours en ligne. Dans un premier temps, nous avons essayé de caractériser les spécificités de ce type de documents à partir de l’étude d’un corpus de cours en ligne hébergés sur le site de l’Université Virtuelle de Tunis (UVT) à travers l’Environnement Numérique de Travail (ENT). Dans un second temps, nous nous sommes attachés à analyser le parcours de lecture de ce type de documents par les étudiants dans une situation d’apprentissage et ce par le biais d’un questionnaire, de l’observation et des entretiens semi-directifs. Ce qui ressort de ce travail, c’est qu’il faut structurer le document pédagogique à un niveau d’abstraction supérieur à la présentation et la mise en forme : il faut prendre en considération la finalité de ce type de documents à savoir sa vocation pédagogique dans un dispositif d’enseignement à distance. De surcroît, ce travail nous a montré que la lecture des documents pédagogiques numériques est une lecture hypertextuelle qui s’appuie sur la table des matières pour accéder aux différents points traités dans le document. Cette lecture permet une manipulation de l’information plutôt qu’une acquisition des connaissances, laquelle se fait généralement par le recours au papier.

Mots clés : document pédagogique numérique, structuration, parcours de lecture, Université virtuelle de Tunis

Les usages des TIC pour la formalisation et la capitalisation des connaissances au sein de l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP)

Yousra SEGHIR

Maître-assistante, Institut supérieur de Documentation de Tunis

yseghir@yahoo.fr

Jihène Kendil

Étudiant-chercheur, Institut de Presse et des Sciences de l’Information de Tunis

jihenkandil@yahoo.fr

Le développement considérable des TIC a multiplié et favorisé les possibilités d’accès et de partage des connaissances au sein des entreprises. Ces TIC ont de même amélioré techniquement le travail collaboratif entre les employés travaillant dans des sites différents et ont rendu possible l’échange avec de nouveaux partenaires éloignés. Toutefois, la mise en place de ces outils amène des changements dans les activités professionnelles des employés, leurs modes de communication et leur prestation de services. Qu’en est-il du domaine de la presse ? Les journalistes qui sont attentifs à la maîtrise et à la pérennité de leur capital intellectuel sont-ils sensibilisés à l’usage des ces outils technologiques qui sont désormais omniprésents dans le monde de la presse. Nous observons particulièrement, l’intérêt grandissant de ces acteurs  pour le domaine de la gestion des connaissances. En effet, l’entreprise de presse utilise de plus en plus les outils de capitalisation des connaissances qui jouent un rôle essentiel dans la protection de l’information utile au travail des ses employés (journalistes) et qui les soutiennent dans la mise en œuvre de leur action stratégique. Le recours massif à ces technologies tels que les outils de traitement (SGBD, GED, etc.), les outils de partage (workflow, groupware, le Facebook, les réseaux informatiques, tec.), les outils de diffusion (l’édition électronique, etc.) et les outils de recherche avancées (les moteurs de recherche, etc.), qui permettent de superviser le déroulement des procédures de travail des journalistes, témoigne de cet intérêt. Certes, ces TIC ont offerts aux journalistes de nouvelles possibilités d’amélioration de leurs compétences et de mobilisation de leur savoir-faire pour le mettre au service d’un objectif précis. Quels usages font les journalistes de l’Agence Afrique Presse (TAP) des TIC en vue de formaliser et de construire une mémoire collective dans leur domaine d’activité ? Quel rôle joue la capitalisation des connaissances dans le domaine de la presse ? Et quel bénéfice en attendre ? Quelles sont les méthodes conçues et appliquées en matière de gestion des connaissances ? Sur quels outils s’appuient ces méthodes pour favoriser la gestion des connaissances ?

Dans la présente communication nous tâcherons d’analyser les pratiques de l’entreprise de presse en matière de gestion des connaissances. Nous allons essayer de démontrer que la principale source de création de richesse pour les journalistes proviendrait d’activités intellectuelles, fondées sur la connaissance. Son succès dépendrait désormais de sa capacité de créer et de valoriser de nouvelles connaissances.

A partir d’une enquête menée auprès de l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), nous avons pu identifier les nouvelles préoccupations des journalistes qui sont en relation avec la façon de capturer, identifier, valider, conserver, capitaliser et partager les connaissances. Cela exigerait l’adoption des modèles de représentation pour la formalisation des connaissances, complétés par des outils technologiques facilitant la communication, le partage des connaissances et le travail collaboratif. De même, nous avons pu constater qu’en l’absence d’une bonne politique de motivation et d’une infrastructure de soutien informatique communicatif, cela entraverait la circulation du savoir dans l’agence. Récompenser les contributions individuelles, encourager le transfert des savoirs individuels et son appui par une structuration en réseau (un outil de travail collaboratif assisté par ordinateur) constitueraient, certainement, la solution adéquate pour faire face aux insuffisances et handicaps rencontrés, actuellement, par les journalistes de la TAP.

Par ailleurs, le développement de l’offre de méthodes et d’outils de gestion de connaissances  permettra aux journalistes de traiter et de construire des documents électroniques capables de les aider à mobiliser efficacement leur savoir-faire capitalisé, de gérer et partager des flux d’informations en favorisant le travail collectif, suivre et contrôler la mise à jour des documents, protéger la confidentialité des documents et faciliter l’exploitation rapide des documents.

En ciblant le recours aux TIC en tant que moyens participant à une démarche de capitalisation des connaissances, notre travail s’attache à mettre en lumière :

–          Le processus de repérage, de traitement et de préservation des connaissances des journalistes ;

–          La modélisation de leur savoir-faire et sa valorisation au service de l’entreprise de presse (TAP) ;

–          Le processus de communication, de mobilisation et de partage des connaissances au service de l’entreprise de presse (TAP).

Internet et la médiation de la mémoire des événements politiques en Tunisie (1956-1987)

Fredj Zamit

Centre de Recherche sur les Médiation, Université Paul Verlaine – Metz

fredj.zamit@yahoo.de

Le gouvernement tunisien actuel présente son ascension au pouvoir comme un moment fondateur incarnant l’avènement d’une nouvelle ère dans l’histoire contemporaine de la Tunisie. Soucieux de s’affirmer et de soigner sa propre image, il domine l’espace médiatique tunisien et l’utilise pour servir sa propre mémoire ainsi que pour relater ses projets. De fait, cette omniprésence dans les médias se réalise au détriment de la mémoire et de l’histoire nationale politique couvrant la période de règne du président précédent. L’affirmation de pouvoir du corps politique actuel par le biais de la visibilité médiatique semble nécessiter l’occultation, voire la confiscation de la mémoire de son prédécesseur. D’autant plus, la carrière politique de Bourguiba étant difficilement dissociable de l’histoire de la Tunisie, il est malaisé de traiter de celle-ci tout en faisant abstraction des positions et des actions de cette personnalité politique. Ainsi, les archives se trouvent verrouillés ou inexploités par les médias de mass, notamment le secteur audiovisuel. Les quelques injonctions mémorielles sont assurées occasionnellement par les médias écrits (livres, presse écrite, principalement les magazines Réalités et Jeune Afrique etc.). Elles sont l’apanage de l’élite tunisienne.

Néanmoins, ces dernières années, Internet s’est présenté comme un espace alternatif de médiation mémorielle et historique permettant aux Tunisiens, notamment les jeunes et les jeunes adultes, de se réapproprier ce patrimoine immatériel. Un grand nombre des documents scripto et audio-visuels portant sur l’histoire postcoloniale de la Tunisie sont accessibles sur la toile. Ils comportent des témoignages, des documentaires, des reportages et des interviews et des documents inédits.

Dans cette communication, d’abord, en nous appuyant sur l’examen de certains cas précis, nous nous proposons d’étudier comment, à partir de différents dispositifs techniques, arrive-t-on à construire un « lieu de mémoire » et d’histoire sur Internet. Quels sont les supports, les outils et les techniques utilisés dans l’énonciation et dans la narration de l’histoire et de la mémoire ? Ensuite, nous essayons de cerner les types d’acteurs intervenant dans la production, la mise en ligne et la gestion des contenus (entreprises médiatiques, anciens responsables politiques, famille de l’ancien président de la Tunisie, internautes locaux, diaspora tunisienne etc.) et de questionner les mobiles de leur conduite et la signification de leur usage au prisme du contexte politico-médiatique tunisien à l’ère d’Internet. Enfin, nous estimons brièvement les retombées de cette nouvelle forme de construction d’espace mémoriel où la médiation devient une transmission et une diffusion aléatoire et volatile.

La constitution et l’étude d’un corpus hétérogène renfermant différents dispositifs techniques hybrides qui servent l’écriture et la diffusion des éléments de mémoire et d’histoire tunisiennes sur Internet permettra de comprendre leurs structures et leur fonctionnement et de saisir leur usage. : (outils collaboratifs comme Wikipédia, sites web de partage et de visionnage des vidéos tels que Daily motion et YouTube, des sites Internet gérés par des personnes indépendantes comme www.bourguiba.com, des sites Internet des associations tels que www.bourguiba.net, des sites Internet des institutions comme celui de l’Institut National de l’Audiovisuel www.ina.fr, des réseaux sociaux tels que Facebook). L’exploitation de corpus permettra également d’esquisser une cartographie de ces outils techniques ainsi qu’une typologie des documents qu’ils véhiculent. Dans une dernière étape, ces dispositifs seront interrogés dans une visée synchronique et en tant qu’ensemble, afin de dégager la signification de leur agencement sur Internet au regard de la médiation mémorielle et historique.

Mots clés : médiation, dispositif, Internet, usage, mémoire numérique, documentarisation participative et collective

Le journalisme des liens : nouvelles frontières et nouvelles formes

Moncef AYARI

Maitre assistant, IPSI

ayarimoncef2009@hotmail.fr

Certains considèrent que les médias traditionnels sont une « old fashion »¸la nouvelle mode consiste en la presse en ligne qui se caractérise par la gratuité, la facilité d’accès et la possibilité d’actualisation de l’actualité en temps réel.

Ce travail de recherche pose la problématique suivante : l’expansion des médias on line ou de ce que l’on appelle les médias citoyen, serait-elle le début d’une nouvelle ère qui s’achèvera par « la mort » des médias traditionnels ?

Le travail mettra l’accent sur les caractéristiques de ces nouveaux médias sur le plan contenu, formes de diffusion et ligne éditoriale.

L’une des questions qui sera abordée est celle de savoir si les rédacteurs volontaires et non professionnels respectent les normes techniques de rédaction journalistique et les règles déontologiques ?

Nous adopterons l’analyse de contenu comme outil méthodologique pour analyser un échantillon d’articles diffusés sur deux sites web d’actualité en ligne à savoir : Agoravox tv et Ohmynews.

Le premier site présente l’actualité en texte et en vidéo.

Le deuxième site présente l’information comme texte.

Une analyse des écarts de représentation associés à la e‑formation chez les enseignants algériens du supérieur

Rabah Nemamcha

Maître-Assistant, Département d’Information et de Communication, Université 8 mai 1945, Guelma (Algérie)

nemrabdz@yahoo.fr

Quand on voit l’importance des dépenses engagées par les pouvoirs publics algériens pour l’achat et la mise en place des infrastructures TIC dans les universités algériennes, on ne peut que nous allier à la question posée par Chaptal (2000) : « L’investissement en vaut-il la peine ? ». Nous empruntons la définition des TIC « en tant que techniques et discours sur ces techniques » comme l’affirment Christine Barats, Hélène Cardy et Françoise Thibault (2002 : 126). Ces techniques ne sont pas une « baguette magique technologique » – pour reprendre une expression d’Alain Chaptal (2000 : 60) – capable de résoudre les problèmes structurels de l’éducation, et donc en aucun cas ne peuvent être considérées comme l’arbre qui cache la forêt.

A travers cette étude, nous exposerons les résultats d’une enquête menée auprès des enseignants de l’université 8 Mai 1945 de Guelma, nous montrerons la perception que peuvent avoir les enseignants algériens du supérieur de la e-formation, et les possibilités que peuvent avoir les TIC dans/pour l’enseignement. Après avoir présenté les résultats d’une enquête basée sur le questionnaire et l’entrevue, nous montrerons qu’il existe un décalage réel entre l’image que les enseignants ont de la e-formation et les discours qui pensaient que cette technologie va permettre de mieux apprendre. Nous montrerons que la e-formation véhicule encore auprès des enseignants, une image d’un mode de formation destiné à des catégories particulières d’apprenants et qu’il ne peut en aucun cas remplacer le système d’enseignement actuel.

Mots-clés : e-formation, e-learning, TICE, EAD, perception, usage

Évaluation de l’usage de l’information professionnelle de santé sur Internet : cas des journalistes de la PQN en Algérie

Aïssa MERAH

Maître-assistante, Université de Béjaïa (Algérie)

merah_aissa@yahoo.fr

Ma proposition porte sur les pratiques d’accès à l’information publiée sur Internet des acteurs d’une activité professionnelle dans leur cadre de travail habituel. Mon objectif est d’analyser cet usage dans un champ professionnel où l’information est à la fois la matière première à chercher, à utiliser et le produit final : le journalisme. Pour ce, j’exposerai les résultats d’une étude sur l’usage professionnel des journalistes de santé des quotidiens de large public en Algérie de l’information médicale sur Internet.

L’introduction des TIC dans le domaine de la santé (télémédecine, gestion réseautée, diffusions scientifiques et surtout information générale, spécialisée et préventive) a fait d’elle un des domaines les plus informatisés et présents sur Internet (Bourret, 2003, p.176). Ainsi, les questions de santé qui se sont imposées dans l’espace public médiatique traditionnel (Mathien. 1999) occupent de plus en plus le désormais nouvel espace virtuel pour donner naissance à un nouveau créneau qui est le Net médical. Deux facteurs principaux en interaction peuvent expliquer ce constat.  Le premier est technique consistant en l’usage professionnel des Tic et de l’Internet. Ces dispositifs ont été rapidement appliqués à plusieurs métiers dont celui de l’information. Le deuxième est professionnel représenté par la dynamique des acteurs traditionnels et nouveaux de santé. C’est aussi, l’explication Hélène Romeyer « les supports d’information médicale sont de plus en plus nombreux et leur production échappe désormais au seul secteur scientifique. Avec la multiplication des instances de production et de diffusion, le statut de cette information se diversifie » (2008, p. 34).

Lors d’une l’enquête que j’ai réalisée sur le traitement de l’information de santé dans la PQN en Algérie, j’ai constaté un grand intérêt au sujet démontré par l’augmentation du nombre d’articles, leurs genres rédactionnels et leurs placements. (Merah, 2009) C’est sur ces résultats que s’appuie ma problématique en revenant sur la question des sources d’information des journalistes de santé. Les observations combinées par des entretiens de recherche m’ont fait découvrir de près un aspect peu étudié de ce sous champ journalistique de santé. Il s’agit des sites Internet en tant que source d’information professionnelle.

Les journalistes de Santé, pour des raisons dues aux caractéristiques du métier engendrées par les contraintes de la triple pression exercée par « l’urgent, l’argent et gens » trouvent en sites de santé une meilleure source : richesse en informations, explications scientifiques, diversité en sujets, gain de temps, personnes ressources et modèles traitements. Cet intérêt est aussi expliqué par leur contexte professionnel caractérisé par le déficit en sources traditionnelles pour à cause de l’absence de périodiques spécialisés et des contraintes institutionnelles du système de santé.

La sensibilité des sujets de santé, qu’ils soient informatif ou explicatif, et la vulnérabilité du grand public, même de plus en plus vigilant et initié, font de ce sous champ journalistique une spécialité exigeant maîtrise et précaution. C’est dans ce sens que Hélène Demers avertit dans son article La rédaction d’articles de santé destinés au grand public, gare aux effets secondaires ! « La santé n’est pas un sujet qu’on traite à la légère » (2007, p. 1).

En effet, la multiplication des sites Internet de santé offre une source d’information importante au journaliste en tant qu’usager professionnel. Mais devant cette situation d’opulence informationnelle sur le Net, le journaliste doit posséder certaines compétences et pratiques informationnelles pour pouvoir les utiliser et réussir la combinaison entre les caractéristiques de son métier de journaliste de santé avec celles de son lectorat généraliste.

Ma question est donc : Comment se présentent les pratiques d’accès à l’information professionnelle des journalistes de santé de la PQN en Algérie utilisant les sites médicaux sur Internet en tant que source d’information ?

Je situe cette étude empirique dans le cadre du paradigme de recherches de l’information qui centre sur l’acteur et son activité professionnelle : orienté-activité. Un nouveau paradigme développé par Eric Thivant et Laid Bouzidi. (2005). L’adoption de ce paradigme des pratiques d’accès à l’information m’a permis grâce à son double cadre théorique et méthodologique qu’il offre de formuler l’hypothèse suivante :

Les pratiques d’accès à l’information des journalistes de santé de la presse quotidienne nationale (PQN) sont déterminées et influencées par les caractéristiques de leur métier et de leur contexte professionnel.

Cette hypothèse sera vérifiée en répondant à ces questions :

1.       Quels sont les besoins informationnels formulés par les journalistes de santé dans leur contexte professionnel ?

2.       Quels sont les critères d’évaluation et de choix des sites Internet et des informations à utiliser adoptés par les journalistes de santé ?

3.       Comment procèdent-ils à la recherche et à l’utilisation de l’information médicale ?

Mots clés : évaluation de l’usage, information professionnelle, paradigme de recherche orienté activité, pratiques d’accès à l’information et Net médicale

Les journaux et leurs lecteurs, nouvelles formes de fidélité

Hamida El Bour

Maître-assistante à l’IPSI

hamidabe@yahoo.fr

Les rapports entre les quotidiens tunisiens et leur lectorat ont subi des transformations substantielles pour plusieurs raisons, dont les mutations au niveau de l’offre médiatique et les changements des habitudes de consommation des contenus médiatiques.

Parmi les éléments majeurs de cette nouvelle donne, l’émergence de journaux électroniques que d’aucuns prédisent qu’ils finiraient, tôt ou tard, par sonner le glas de la presse écrite. La notion de lectorat fidèle est-elle, aujourd’hui, remise en cause par d’autres formes d’attachement aux médias écrits, essentiellement les quotidiens ? Quels types de relations existent aujourd’hui entre le lecteur et son journal papier ? Dans quelle mesure les nouvelles technologies ont façonné les modes de consommation des médias dits traditionnels et essentiellement les médias écrits ?

Ces questions sont abordées à partir d’une analyse descriptive et d’une démarche qualitative, basée sur l’observation  et les entretiens avec des journalistes et des rédacteurs en chefs des travaillant dans la presse quotidienne tunisienne.

L’enquête a également concerné les lecteurs fidèles des quotidiens. Par le moyen de la méthode d’enquête de proche à proche, il a été possible d’appréhender cette catégorie et d’étudier ses perceptions de la notion de fidélité à un titre quotidien.

Face à ses perceptions, que les lecteurs expriment de différentes manières, selon qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, les médias écrits développent des stratégies en vue de maintenir le lectorat existant et de gagner de nouveaux lecteurs. Ces stratégies se basent sur la diversification des moyens en vue d’attirer un lectorat dont les contours sont de plus en plus flous, et qui tend à être de plus en plus versatile. Pour le moment, la complémentarité entre la version papier et la version électronique sont parmi les éléments de cette stratégie. Il est vrai que ces stratégies ne s’appuient pas sur des études d’audience qui sont « coûteuses », d’après le discours des rédacteurs en chef, mais sur le hasard des réactions des lecteurs, exprimées par téléphone, par correspondance, par fax ou encore à travers le feedback que permettent les versions électroniques de ces journaux.

Les sites Web des écoles et des départements arabes en sciences de l’information : Quel contenu ? Pour quel usage ?

Nabil GHAOUI

Doctorant, Université Lyon2

Nabil.Ghaoui@univ-lyon2.fr

Wahid GDOURA

Professeur, Institut Supérieur de Documentation de Tunis

wahid.gdoura@isd.rnu.tn

Le développement des TIC dans l’enseignement de la bibliothéconomie et des sciences de l’information a contribué à une double transformation :

–          Réadaptation de la formation au nouveau contexte informationnel en vue de répondre aux nouveaux besoins du marché de l’emploi en compétences et profils professionnels.

–          Transition vers l’environnement numérique : nouveaux modes de transmission des savoirs (cours électroniques, enseignement en présentiel et à distance, etc.)

Dans le présent travail nous nous interrogeons sur le degré d’intégration des écoles et départements arabes de sciences de l’information dans le contexte numérique pour répondre aux attentes aussi bien des étudiants que des enseignants-chercheurs. Notre objectif consiste à examiner les représentations de l’administration universitaire de la manière de diffuser l’information pédagogique en ligne : reconduisent-ils les schémas classiques de « communication pédagogique » ou développent-ils un nouveau schéma de médiation (interaction, forums de discussion, formulaires en ligne, questions-réponses, etc.). Ceci s’inscrit aussi dans le souci de repenser la manière de communiquer les contenus pédagogiques (programmes, syllabus, cours, ressources doc), les informations pratiques (concours, examens, inscriptions, etc.) et de préparer l’instauration généralisée de l’enseignement à distance.

Notre méthodologie consiste à conduire une enquête sur les sites des dits départements en vue d’analyser les contenus numériques présents sur la Toile et d’apprécier les prestations de service  offertes.  Une grille d’évaluation prenant en considération des critères d’évaluation du contenu présent sur ces sites a été retenue.

Une lecture des résultats de notre enquête a montré que la science de l’information (SI) n’est enseignée que dans 14 pays arabes (sur 22 pays) et que sur les 38 écoles et départements de la SI seulement 25 (soit 65.79%) ont un site web. La plupart de ces sites ne communiquent pas assez d’informations en ligne sur leurs activités. Certains prêtent plutôt à une page « vitrine » qu’à un site dynamique. Les informations fournies sur ces pages « statiques » sont d’ordre général telles que l’historique du département, les programmes succincts de la formation, l’identification des enseignants, le mode de recrutement des étudiants. Mais rares sont les sites relativement interactifs qui facilitent les échanges entre les services administratifs et les étudiants. Par contre les activités en rapport avec l’enseignement à distance sont quasiment absentes.

Les départements arabes n’exploitent pas assez les opportunités offertes par les TIC pour valoriser leurs cursus de formation, communiquer avec les différents acteurs universitaires et assurer la mobilité aussi bien des étudiants que des enseignants à l’échelle arabe. La communication de l’information se fait généralement en langue arabe, ce qui ne facilite pas la visibilité et les échanges avec l’étranger.

Ce constat d’échec est paradoxal pour une discipline qui prend l’information comme objet d’étude et les TICs comme outil de travail. Beaucoup de travail reste à faire à ce niveau pour optimiser les opportunités du web et développer un contenu numérique consistant en SI.

Mots clés : contenu numérique, départements de la science de l’information, pays arabes, enseignement, programme de formation, recherche scientifique, médiation pédagogique, sites Web.

Les nouveaux champs de la communication des organisations : résultats à partir du projet européen Fire Paradox

Patrick-Yves Badillo

Professeur, Directeur du laboratoire IRSIC, Université Aix-Marseille

badillo@ejcm.univmed.fr

Dominique Bourgeois

Professeure, Laboratoire IRSIC, Université de Fribourg

dominique.bourgeois@unifr.ch

Bruno Asdourian

Doctorant, Laboratoire IRSIC, Université Aix-Marseille

asdourian@univmed.fr

Les nouveaux médias, notamment les médias sociaux numériques, favorisent le développement d’un contexte d’interaction relationnelle entre une organisation et un usager en ligne. L’organisation s’engage dans de nouveaux champs communicationnels à travers, notamment, le management des communautés sociales.

Mais ces nouveaux champs de la communication des organisations sont récents et encore peu étudiés. En particulier, alors que la communication pour de grandes causes, humanitaires, médicales, environnementales, tend à se développer, l’utilisation des nouveaux outils d’information et de communication liés au Web et à Internet pour ce type de communication n’en est qu’à ses débuts. Il y a très peu d’analyses et de retours d’expériences dans ce domaine.

L’analyse porte sur les nouvelles formes de communication on line des organisations et sur leur impact. En particulier, sont examinées les formes de communication par les médias sociaux numériques et leur impact en termes de sensibilisation du public dans le cas d’une cause d’intérêt général.

La communication par les médias sociaux en ligne et les communautés d’usagers a-t-elle tendance à favoriser la sensibilisation du public à une cause d’intérêt général ?

La théorie de la « longue traîne » de Chris Anderson indique que l’utilité des petites conversations effectuées par un grand nombre d’usagers réparties sur la grande variété des domaines très spécifiques de l’organisation peut être égale, voire supérieure, à l’utilité des multiples conversations effectuées dans le cadre du seul domaine phare de l’organisation. Cette théorie combinée avec les nouvelles analyses de la communication via Internet (interactions, évolution des usages, développement des communautés…) offre des éléments d’interprétation des nouveaux champs de la communication des organisations. En outre, il apparaît utile d’adapter les apports de la « Two step flow theory » (Katz et Lazarsfeld) aux questions de communications on line : l’impact d’échanges entre les internautes et quelques individus – relais d’information et d’opinion – peut être plus important que la communication directe, générale, de l’organisation.

Sur la base d’un projet de recherche européen, le projet Fire Paradox (6e PCRD, période 2006-2010, consortium de 35 institutions), l’analyse porte sur une expérience de communication avec la participation d’une communauté en ligne en vue de la sensibilisation à la prévention des feux de forêt par l’utilisation paradoxale du feu. La communication on line est étudiée grâce à des enquêtes d’une part auprès des membres du projet et d’experts dans le domaine, d’autre part auprès de jeunes internautes, étudiants de plusieurs universités, membres de réseaux sociaux ou communautés virtuelles. Les résultats issus de l’observation de la participation des internautes et des enquêtes en ligne permettent de cerner les apports et les limites des nouveaux médias dans la sensibilisation du public à une cause d’intérêt général.

La rhétorique du « Changement » comme dispositif d’innovation en Tunisie

Mohamed Ali Elhaou

Docteur, Ater, Laboratoire LABSIC, Université Paris 13

dali.elhaou@gmail.com

Les promoteurs de la « Tunisie du changement », face à un chômage structurel des jeunes diplômés, trouvent refuge dans la valorisation de l’« ère du changement » comme unique solution innovante. Dans cette configuration, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le parti-État, joue, entre autres, un rôle communicationnel prépondérant dans la mise en avant de l’« ère du changement ». En ce sens, il agit au même titre qu’une grande agence de communication. Le parti, en interne, aura la charge de répandre sur le terrain l’action présidentielle auprès des Tunisiens. En externe, dans un marché peu à peu mondialisé où des concepts-valises du type « bonne » ou « nouvelle gouvernance », de « transition démocratique », de « développement durable » ou encore de « société de l’information » sont légion, le rôle du RCD consiste dès lors à être une attrape tout rhétorique.

Mots-clés : communication, changement, Tunisie, Innovation, mondialisation, société de l’information, télécommunication, chômage


[1] Télévision Numérique Terrestre

[2] Le Consortium est un espace d’art de Dijon, agréé Centre d’art contemporain depuis 1982, sous la direction de Xavier Douroux, Franck Gautherot et Eric Troncy. Polymorphe par ses multiples activités, ril est econnu nationalement et internationalement est un espace d’expositions, de spectacles vivants, producteur de projets artistiques de toute nature, d’expositions, ainsi qu’un bureau de graphisme, une maison d’édition, une société de production de films. Il est notamment un lieu de résidence pour les artistes du Monde arabe, il collabore notamment avec les différents pays du Maghreb.

[3] L’outil vise en premier lieu un public averti : chercheurs, professionnels de la culture, artistes, critiques d’art, étudiants, amateurs d’art actuel, collectionneurs, galeristes…

[4] La Tunisie du changement est un axe de communication développé depuis la prise du pouvoir de Ben Ali en 1987. C’est donc une rhétorique gouvernementale qui reconstruit l’histoire du réformisme de Khair-Eddine en fonction de ses propres préoccupations et de la vision qu’elle entend défendre. En outre, le « changement » comme axe de communication a immédiatement été mis en scène comme une nouvelle version du réformisme tunisien, d’un certain réformisme qui néglige une démarche plus intellectuelle et met l’accent sur l’action. Le Pacte national de 1988, qui traduisait le consensus entre les différentes forces politiques tunisiennes s’inspire explicitement de l’événement fondateur du réformisme tunisien, à savoir le Pacte fondamental de 1857. Il mentionne Khair-Eddine comme l’inspirateur des réformes que « l’artisan du changement » et ses partisans entendent mettre en œuvre. Le réformisme à travers le discours de Ben Ali est présenté comme la valeur unificatrice, la manière d’être, de penser, de se comporter qui permet l’unité de la société tunisienne ; il fournit un sentiment de cohésion nationale, de « modération » ; il est porteur de valeurs positives susceptibles d’être partagées par tous, quelles que soit les positions sociales.

[5] – http://www.isd.rnu.tn/LectureNumerique/index.htm